Le cycle de Marie : Nue

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Résumé :

La robe en miel était le point d’orgue de la collection automne-hiver de Marie. À la fin du défilé, l’ultime mannequin surgissait des coulisses vêtue de cette robe d’ambre et de lumière, comme si son corps avait été plongé intégralement dans un pot de miel démesuré avant d’entrer en scène. Nue et en miel, ruisselante, elle s’avançait ainsi sur le podium en se déhanchant au rythme d’une musique cadencée, les talons hauts, souriante, suivie d’un essaim d’abeilles qui lui faisait cortège en bourdonnant en suspension dans l’air, aimanté par le miel, tel un nuage allongé et abstrait d’insectes vrombissants qui accompagnaient sa parade.

L’avis :

Nue est le dernier tome du cycle de Marie. Un cycle qui a duré 11 ans en terme de publications et pourtant seulement une seule mais longue année pour nos deux protagonistes. Au terme de plusieurs saisons (Hiver, Eté, Printemps-été, Automne-hiver), nous arrivons enfin la finalité  de cet amour. Je dis enfin mais c’était terrible d’avoir la fin entre mes mains… Je me suis énormément attachée à cette série et la fin était dure à encaisser.

J’ai beaucoup aimé ce dernier tome, même si pour moi, contrairement à Faire l’amour et La vérité sur Marie, il parait un peu fade. Néanmoins, je le préfère infiniment plus à Fuir….

J’aime beaucoup le style d’écriture de Toussaint qui nous transporte dans des pensées si intime que nous avons l’impression d’être un avec le narrateur. Et là je ne parle pas juste du fait de comprendre et partager les sentiments du narrateur mais bel et bien de les ressentir à un niveau plus profond, plus personnel. De parler des choses inavouées, des envies dans lesquelles on se reconnait mais sans pouvoir l’admettre.

Ce dernier tome ne pouvait se faire sans un tournant dans la relation qui stagnait dans la rupture. Sans certains évènements, la relation n’aurait pas pu avancer. Le narrateur attendait impatiemment un appel de Marie après leurs vacances sur l’ile d’Elbe, ce qu’elle ne fit pas avant d’avoir besoin de lui. En réalité après lui avoir partagé cette pensée, elle lui répondit tout simplement :

Pourquoi tu ne m’as pas appelé toi ?

Le narrateur est toujours dans l’attente de Marie, sans forcément se rendre compte qu’elle aussi l’attend. Au final, elle doit avoir une raison pour l’appeler. Ou deux plutot. Il préfère rester passif (et souffrir) sans forcément émettre une action qui pourrait améliorer sa condition. L’immersion dans la tête du narrateur est telle qu’avant que Marie n’émette l’idée qu’il aurait pu appeler… On y avait pas forcément pensé non plus ! Le flot d’émotions du narrateur nous prenant un peu trop personnellement, nous ne pensons qu’à nous (et donc au narrateur).

Je dois dire que je suis aussi admirative de Toussaint pour son travail remarquable envers le milieu de la mode, je ne sais pas si c’est une passion pour lui ou juste une envie pour son livre mais en tout cas il est passionné. Sa description du travail fournit pour la robe en miel du début du livre est magnifique. C’est un vrai plongeon dans le travail de Marie, qui tient une nouvelle place, plus importante. On reconnait son travail et même on l’admire. On pourrait presque avancer que Marie reprends une place dans la vie du narrateur.

Pour ce qui est de la fin, j’ai été surprise. Au cours des quatre tomes il y a eu tellement de changements, d’essais ou de renoncements qu’enfin nous avons le dénouement. Et c’est beau. Je n’ai pas été déçue du tout !

L’écriture de Toussaint est si forte et belle que l’on pourrait presque ouvrir une page au hasard et avoir une citation qui fait rêver. J’ai bien envie de lire ces autres oeuvres même si elles sont décrites différentes (ou plutôt que le Cycle est différent). Cette saga fait partie de mes lectures préférées !

La petite citation :

 

« Je regardais Marie devant moi, j’apercevais fugitivement ses traits quand elle esquissait un mouvement, elle continuait de regarder fixement devant elle, une cigarette à la main, silhouette de dos en manteau sous la pluie, Marie, océanique qui semblait exhaler des vapeurs de spleen qui allaient se dissiper dans la nuit au gré des effluves de la fumée de sa cigarette. Je regardais la silhouette de Marie de dos à travers la vitre du café – elle était déchirante cette nuit sous la pluie-, et je compris alors, à ce moment-là, j’en eus la certitude en un éclair que ce n’était pas ça la chose qu’elle avait à me dire. »

Quelques informations ? 

  • Jean-Philippe Toussaint
  • Editions de Minuit
  • 14,50 euros
  • 169 pages
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