Marigny

Résumé :

entre le monde et moi, il y a comme un grincement de porte, un méchant goût de camphre à vous faire dresser les cheveux sur la langue. entre le monde et moi, les fenêtres sont borgnes et les murs n’ont d’oreilles que dans les gencives des angles. entre le monde et moi palpite un autre moi, miroir à sens unique au bord duquel je vais jusqu’à pencher mon nombre et son chi re adjacent. entre le monde et moi il y a comme un barrage, un verrou dans la gorge, un zodiaque dont le thème n’aurait plus rien d’astral. entre le monde et moi sommeille un revolver ; reste maintenant à savoir de quel côté de ma peau se situe la gâchette

L’avis :

Voilà quelque chose de particulier pour moi. Je suis actuellement en stage et en maison d’édition, pour la deuxième année consécutive je suis dans la même et c’est aux éditions de La Crypte. C’est une toute petite structure, très conviviale et avec pleins de gens adorables à l’intérieur.

C’est donc avec un grand enthousiasme que je veux partager leurs textes, parce qu’en plus, ces textes sont magiques. D’autant plus qu’ils prennent des formes assez diversifiés donc on ne lit pas toujours la même chose.

ENFIN BREF. Le livre dont je veux parler aujourd’hui, je l’ai fini hier et il m’a complètement retourné. Je ne m’attendais pas à ça. J’étais prévenue du sujet mais vraiment, je crois que je peux dire que j’en ai été bouleversé.

Marigny, doux nom pour une clinique psychiatrique, où l’auteur a effectué un séjour en 2008. C’est un mélange de pensées et de récits.

Il possède trois parties :

  • Rewind, quelques textes (8)
  • Play, une page de texte sur le séjour et une page d' »interview » (prénom, âge, raison de présence, meilleur souvenir et premier chose faite en sortant)
  • Forward, quelques textes (6)

Je l’ai trouvé puissant et j’ai eu beaucoup de mal à ne choisir qu’un passage en citation. Il y a beaucoup de mélanges entre objets du quotidien et sensations.

sept jours que je sucre mon café
avec les copeaux d’un sommeil
absent

Comment résister ? J’avais envie de pleurer parfois tellement l’émotion était forte. Ca m’était pas arrivé depuis un bout de temps et surtout vu le nombre de pages : un vrai concentré. C’est un livre qu’on pourrait relire souvent, la définition même d’une catharsis.

J’avoue que j’avais deux chouchous l’année dernière dans les publications mais je dois bien admettre que celui là m’a surprise. Enormément.

La petite citation :

6.

je me suis déshabillé
pour t’écrire
je voulais sentir
toutes les lettres se former sous ma peau

je voulais les voir éclater
à la surface
comme autant de portes sur le vide

Quelques infos ? 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s