Carnet d’une allumeuse

« Pour exister, il fallait devenir un poème. »
Résumé : 

Qu’une adolescente paraisse et tous les regards des hommes sont sur elle. Mais elle est étrange et ses yeux couleur cassis couvent des pensées qui la délivrent de toute coquetterie. Vivant sa beauté comme une expérience intérieure, sa quête obstinée de poésie l’éloigne du destin des filles de son âge. Chaque initiation se change en révélation métaphysique. Peu à peu émerge en elle une vision révolutionnaire de la femme dont le présent texte est l’expression.

«Je haïssais qu’on me clame belle. Pourtant, aucune expérience aussi profonde que ce moment idiot où je sentis que j’étais la perle qui faisait mourir les hommes. Elle m’apportait ce savoir : le corps des filles n’est pas seulement leur corps, il est aussi leur pensée.»

L’avis :

Titre provocateur qui m’a attirer l’oeil puis finalement l’adopter définitivement.

C’est un livre très court, moins de 100 pages, mais pourtant il est long à lire. La prose utilisé est dense et presque chaque phrase peut être une citation.

C’est un format poche plus abordable que les grands formats avec des prix parfois un peu trop élevé (on t’aime Gallimard). J’étais étonnée car je n’ai pas l’habitude de voir des Gallimard de cette taille, sauf pour les petits carnets qu’ils font. Mais là c’est bel et bien un livre que nous avons.

Plus qu’une histoire, c’est plusieurs petits textes en prose qui sont plus ou moins par ordre chronologique. De 13 à 17 ans environ. Beaucoup se situent vers 15 ans.

« Chaque livre dévoré me dévorait, chaque pensée buvait mon sang, blanchissant ma vie en poèmes. »

On ne sait pas vraiment ce qui se passe. Il n’y aura pas de début ou de fin, pas de fil conducteur. Ce seront surtout ses pensées et son amour des livres, sa révélation.

« Une fille doit étudier longtemps pour être aussi bête qu’un homme. »

Ses pensées de femme dans la vie et ses débuts. Les premiers regards des hommes sur elle et les premiers conflits avec les femmes.

« Leur philosophie est plus facile à défaire que l’attache de leur soutien-gorge. »

Les hommes ne feront que la désirer tandis que les femmes et elle ne s’entendront pas ou peu. Elles lui enseignent son « rôle » tout en la rejetant.

« Bénie et maudite, j’avais l’ordre contradictoire de penser et de plaire. »

 Ce livre rend accessible les défis qu’une jeune femme rencontre au début de la puberté, ce que son corps signifie pour elle et pour les autres sans que pour autant elle est son mot à dire.

« Une fille instruite est une nuit sans étoiles. » 

Je trouve que c’est un pari réussi. En effet, on est vraiment pris dans le texte comme dans un roman et ce même si c’est parfois difficile de suivre entre les métaphores.

« Et que de mon sanglot naisse une rose noire… »

Elle a une certaine rage au fond d’elle qui l’a fait vibrer. Elle veut plus que les autres femmes et plus que ce que les hommes lui proposent. Elle veut vivre pour elle et selon elle.

« Les yeux charbons en savaient plus que les livres. »

La petite citation :

« Penser pour une femme, quelle folie ! Cela commence par une accroc dans le velours noir de la nuit, par quoi entre l’eau sale des idée, ruinant le velours rose du coeur. Quelle mondaine me fera la charité de son ennui ? Quel mannequin me prêtera ses épaules, que j’y accroche ma pensée ? »

Quelques infos ? 

  • Lydie Dattas
  • Gallimard
  • 12,50 euros
  • 86 pages
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